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Six millions de foyers français
ont choisi la compagnie de chiens et de chats. Mais 70 % de ces
animaux domestiques sont porteurs de vers (helminthes)
responsables de zoonoses. Seule une vermifugation régulière des
animaux peut prévenir ce risque.
Par Christine Nicolet
Quelques définitions
Il faut bien différencier les
vers plats (cestodes) des vers ronds
(nématodes). Les premiers ressemblent à des grains de riz plats.
Les plus fréquents chez le chien et le chat sont les ténias et
le Dipylidium. Les nématodes ressemblent à des
spaghettis blancs et se composent des trichures, des ascaris et
des ankylostomes. Les trichures n’existent pas chez le chat et
ils ne sont pas transmissibles à l’homme. Il est important de
mieux connaître les zoonoses causées par les vers intestinaux,
et présentant des risques pour l’animal et pour l’homme.
En dehors de la
toxocarose, très fréquente chez les carnivores
domestiques, certaines zoonoses parasitaires sont
particulièrement répandues.
L’échinococcose
est due à un parasite digestif de la famille des vers plats. Les
chiens et les chats se contaminent en consommant de petites
proies (mulots, souris) hébergeant la larve du parasite. Chez
l’homme, c’est une maladie rare, mais qui peut être grave et
engager le pronostic vital.
L’ankylostomose
est due à un parasite de la famille des vers ronds. Elle se
retrouve communément chez les chiens et les chats consommateurs
de viande crue (petits rongeurs). Chiots et chatons peuvent être
contaminés lors de l’allaitement. Chez l’homme, l’infestation se
manifeste par des lésions cutanées, une gêne respiratoire, des
troubles digestifs.
La dipylidiose
correspond à la transmission d’un ver rond par les puces qui
sont porteuses de larves. La transmission à l’homme se fait par
ingestion de puces (un gros baiser à l’animal suffit). Peu de
symptômes révèlent la maladie.
La dirofilariose
met en cause un ver rond, parasite du chien particulièrement
virulent. Sa prolifération se traduit par une insuffisance
cardiaque parfois mortelle pour l’animal. Il est transmis à
l’homme par la piqûre d’un moustique. Les symptômes sont de la
toux, des lésions cutanées, des douleurs thoraciques et des
kystes aux poumons. Actuellement, 200 cas hu- mains sont
recensés.
Un peu de physiopathologie
Les zoonoses sont des maladies
insidieuses, tant chez l’animal que chez l’homme, car les vers
ne sont visibles qu’à un stade avancé et ils ne font parler
d’eux que lorsque la pathologie est installée. La transmission
se fait de façon directe (contact, ingestion, respiration...),
ou indirecte via des intermédiaires comme les tiques,
les moustiques, les puces ou les mouches. Chaque parasite a un
cycle évolutif qui lui est propre en fonction des hôtes.
Les agents de transmission sont
très variés (bactéries, virus, champignons, parasites) et il est
difficile de connaître avec précision la prévalence des
zoonoses, car elles ne font pas l’objet de déclaration au
ministère de la Santé et ne sont donc pas répertoriées.
Les mots du conseil
La seule façon de protéger l’homme
est de traiter l’animal. La vermifugation est un devoir
sanitaire dont l’objectif est de casser la chaîne de
contamination et de freiner la prolifération des zoonoses.
Quelle est la zoonose provoquée
par les vers la plus fréquente en France ?
En France, la zoonose la plus
connue est due aux ascaris de chien ou de chat (Toxocarose
canis ou cati). La toxocarose humaine est sans
doute la plus répandue en raison du grand nombre de chats et de
chiens, du caractère prolifique des ascarides, et de la grande
résistance des oeufs embryonnés dans la nature.
Comment se fait la transmission à
l’homme ?
L’homme se contamine par ingestion
de larves sur des fruits et des légumes souillés et mal lavés.
Le plus souvent, l’infestation reste asymptomatique. Dans
d’autres cas, les symptômes sont plus marqués avec deux
localisations préférentielles : l’oeil et le système nerveux
central.
Les vers peuvent-ils nuire à la
santé de l’animal ?
Les parasites se nourrissent aux
dépens de l’animal et le spolient en vitamines et en
oligoéléments. Qu’ils soient ronds ou plats, ils provoquent chez
l’animal des troubles digestifs (diarrhées ou constipation) et
de la croissance, une perte de poids, de l’anémie, des
démangeaisons anales. Ils peuvent provoquer des occlusions chez
un jeune animal ou des entérites chroniques chez l’adulte.
Comment se contamine-t-il ?
L’animal se contamine en léchant
un sol souillé ou en mangeant des aliments souillés par les
oeufs (trichures, ténias), ou par l’intermédiaire des puces
(Dipylidium). La contamination par les ascaris se fait de
la mère au chiot ou au chaton par voie transplacentaire avant la
naissance, ou par le lait maternel.
Quels sont les risques pour
l’enfant ?
Les parasites intestinaux sont
véhiculés essentiellement dans les matières fécales animales, et
les enfants constituent des cibles de choix car ils sont très
exposés (bacs à sable, jardins, caresses). Les mesures
sanitaires consistent à interdire la fréquentation des bacs à
sable par les animaux, à les couvrir quand ils ne sont pas
utilisés, à ramasser les excréments des animaux, à ne pas
laisser l’animal faire ses besoins n’importe où, à lutter contre
l’errance animale.
Existe-t-il d’autres mesures
préventives ?
La prophylaxie individuelle repose
sur l’hygiène des mains des enfants, l’hygiène des jeux,
l’absence de contact avec les jeunes animaux non vermifugés,
ainsi que le traitement de l’animal contre les puces (dipylidiose).
Le chat est-il le seul hôte
capable de transmettre la toxoplasmose à l’homme ?
La maladie est due à un parasite,
Toxoplasma gondii, dont le cycle fait intervenir le
chat, qui diffuse la maladie en excrétant les oeufs (ookystes)
dans ses selles. L’homme se contamine par contact direct avec le
chat, par ingestion de fruits ou de légumes crus, souillés par
des déjections de chat. Mais le chat n’est le seul responsable,
l’homme peut se contaminer par de la viande peu cuite d’animaux
infectés (mouton, porc, boeuf). La maladie a de graves
conséquences chez la femme enceinte et l’immunodéprimé.
Les produits-conseils
Pourquoi faut-il vermifuger les
animaux ?
Vermifuger un animal est une
mesure déterminante pour sa santé et celle de son entourage.
Elle est curative pour les animaux et préventive pour l’homme.
Le traitement doit être administré systématiquement, sans
attendre la présence de vers dans les selles de l’animal. La
durée d’action du vermifuge peut varier et la prise se fait en
une fois ou sur plusieurs jours. La réapparition des parasites
est due à une réinfestation de l’animal et non à un échec du
traitement.
Quand faut-il vermifuger ?
Tout d’abord, dès l’arrivée d’un
nouvel animal de compagnie au domicile. Ensuite, tout dépend de
l’âge, des habitudes de vie. Les recommandations des
vétérinaires varient entre deux et quatre fois par an selon que
l’animal vit en zone urbaine ou en zone rurale. Les chats vivant
à l’extérieur (ingestion de proies) multiplient les risques.
L’été étant la saison la plus propice au développement des
zoonoses, la vermifugation doit se faire au printemps et à
l’automne. Il est préférable de vermifuger avant les
vaccinations car les infestations par les vers peuvent affaiblir
les défenses immunitaires.
Quel vermifuge choisir ?
Le choix du vermifuge dépend de
l’âge, du poids de l’animal et du type de vers. La majorité des
vermifuges sont polyvalents afin de traiter indistinctement tous
les parasites, sinon il convient d’alterner les vermifuges.
Certains se contentent de paralyser les vers, alors que d’autres
les détruisent dans l’intestin (vermicides). Dans les deux cas,
les vers sont éliminés dans les selles. Les modes
d’administration sont variés : sirop, comprimé, pâte orale, à
introduire directement dans la gueule de l’animal. Une diarrhée
peut survenir quelques heures après la prise.
Quelles précautions pour les
chiots et les chatons ?
Une vermifugation précoce s’impose
car les vers envahissent très tôt le tube digestif des animaux
(certains naissent porteurs de parasites). Les six premiers mois
de vie, un cycle de vermifugation adap- té permet de contrer le
manque d’immunité des jeunes animaux : commencer à vermifuger
dès l’âge de quinze jours, puis tous les quinze jours jusqu’à
l’âge de deux mois. Ensuite, tous les mois, de deux à six mois.
Existe-t-il des cas particuliers
de vermifugation ?
Chaque animal est un cas
particulier et les vétérinaires sont les mieux placés pour
établir un calendrier de vermifugation adapté avec des
recommandations à la carte, selon l’âge et l’état de santé de
l’animal. Les femelles sont vulnérables pendant les chaleurs et
doivent être traitées après la mise bas : il est recommandé de
les vermifuger quinze jours après et tous les quinze jours au
cours de la lactation (jusqu’au sevrage).
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