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L'élevage de chiens et de chats ne peut pas être un métier rentable
Plusieurs vétérinaires se sont récemment exprimés sur le rôle des
vétérinaires Vis-à-vis des animaleries *. Le débat continue...
Les "marchands" de chiens et chats mettent souvent
l'accent sur la qualité sanitaire des animaux et sur les garanties du service
après-vente médical de leurs magasins. Il est vrai que les maladies de Carré et autres
viroses deviennent plus rares. Toutefois, à aucun moment le problème du comportement et
des troubles de développement de ces jeunes animaux n'est abordé.
Donner des conseils d'éducation pour un animal de trois mois, c'est
bien. Mais certains troubles du comportement sont déjà bien présents. Les animaux ne
sont pas des machines avec un mode d'emploi offert à la livraison. Ce sont des êtres
vivants, fragiles durant les deux premiers mois de leur vie (après aussi). Leurs
conditions d'existence durant cette période vont donc les marquer pour toute leur vie
future.
Les syndromes de privation sensorielle et les syndromes HS-HA sont de
plus en plus fréquents. L'élevage en grand nombre, quelle que soit sa qualité
sanitaire, ne permet pas de prendre en compte la socialisation.
Les "gros éleveurs" qui fournissent les magasins ne voudront
pas et ne pourront d'ailleurs certainement pas se préoccuper des problèmes de
comportement : ce n'est pas suffisamment rentable. Pour vivre en vendant un chiot ~ 500 à
2 000 F à une animalerie, il faut en produire beaucoup...
Or, séparer les petits de la mère et faire des lots de chiots dès
l'âge d'un mois est plus rentable que de passer dix minutes par jour à câliner chaque
animal. Il est vrai que de nombreux éleveurs amateurs sont parfois incompétents. Il
suffit de lire, pour s'en convaincre, les conseils qu'ils prodiguent aux futurs maîtres,
conseils qui vont devenir, au demeurant, obligatoires. En outre, l'état sanitaire des
animaux n'est pas toujours parfait. Mais ces chiots et chatons sont souvent élevés avec
passion, confrontés aux enfants, à un minimum de bruits (télévision, voitures, etc.)
et surtout restent avec leur mère le plus longtemps possible. Et il devient plus facile
de traiter une otacariase qu'un trouble du comportement.
L'élevage de chiens et de chats n'est pas une profession rentable Si
on se préoccupe sérieusement des problèmes de comportement, pas plus que le métier de
"nourrice".
En outre, combien de fois les protocoles de vaccination sont-ils
respectés ? Comment expliquer ensuite au client qui vient vous consulter que le vaccin
n'est pas valable ? Que dire en outre de ces chiots nés dans le sud de la France et
vaccinés dans un cabinet situé près de la frontière belge ou allemande?
Loin de toute moralisation, je crains qu'à terme l'image de notre
profession, qui se rend parfois complice, ne finisse par se ternir.
Vincent Coupry
Article paru dans la semaine Vétérinaire n° 929 Mars 1999
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